Voilà déjà une semaine que je suis arrivée au Burkina ! Elle est passée à la vitesse de l'éclair ....

Voici un peu comment se déroule une journée type au centre comme les lundi et mercredi : les journées commencent à 7h30 par une réunion de prière et une méditation préparée par un membre de l'équipe. A 8h, on ouvre le centre pour accueillir les premiers enfants jusqu'à 13 heures pour la pause déjeuner de 30 minutes. Chaque enfant est pris en charge pendant environ une heure par un membre de l'équipe qui réalise une séance de 30 minutes, puis place l'enfant pendant 30 minutes sur le verticalisateur. Pendant les deux mois où je suis ici, Françoise et Kanfiéni ont fixé le but que je puisse montrer à l'équipe comment prendre en charge en psychomotricité chaque enfant qui vient au centre. C'est un véritable défi pour moi en étant jeune diplômée ! Au delà de ce que l'équipe peut apprendre de la psychomotricité chaque jour, j'apprends moi aussi énormément à leur contact et à celui des enfants.

Selon les jours (et la météo) la quantité de patients qui viennent au centre peut être très différente. Aujourd'hui par exemple, nous n'avons eu que 4 enfants, alors que 7 étaient venus lundi et demain on en attend au minimum 13 !!! Pour vous donner une idée, en France on s'occupe à peu près de 6 patients en individuel par jour. Ici les patients viennent soit spontanément soit après avoir pris rendez-vous alors c'est un peu chaque jour la surprise ! C'est la saison des pluies en ce moment, et quand il pleut, les parents vont travailler aux champs et emmènent leurs enfants pour les aider. Les jours où il pleut (comme aujourd'hui) les patients se font donc rares, le travail aux champs étant considéré comme prioritaire par les familles qui emmenent aussi leurs enfants handicapés, ne pouvant les laisser seuls. C'est la saison calme pour la rééducation ! Certains jours il y a également en plus des enfants qui viennent pour la première fois. Ceux-ci ne sont pas pris en charge directement par l'équipe mais un dossier et un entretien sont réalisés avec chaque famille à l'arrivée avec une prise de rendez-vous pour un autre jour afin de commencer les soins. Il faut donc rajouter ces nouveaux patients au nombre de prises en charge par jour !

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Prise en charge de Grâce au centre, petite pause relecture du dossier avec Kanfiéni

Normalement le centre n'accueille plus de patient à partir de 16h. Mais dans la réalité, l'équipe finit rarement à 16h ! Des patients arrivent parfois juste avant la fermeture (ou bien après) ou alors attendent depuis 13h30 qu'on prenne en charge leur enfant, il n'y a donc pas vraiment d'horaire de fin de prise en charge, c'est très variable d'une journée à l'autre. Une fois que ces prises en charge sont terminées, nous nous occupons des dossiers patients. Chaque enfant a un dossier avec son historique de soin au centre et c'est bien utile de pouvoir le consulter avant chaque séance pour se remémorer ce qui a été fait la séance précédente. A la fin de chaque journée nous reprenons donc tous les dossiers du jour en résumant le travail et le déroulé de ce qui a été fait avec l'enfant, l'apprentissage des parents sur les soins qu'ils doivent donner à domicile, les progrès de l'enfant, la personne qui a pris en charge l'enfant... La fréquence de visite au centre par les familles peut être très variable, ainsi certains viennent plusieurs fois par semaine tandis que d'autres ne viennent qu'une fois tous les 3 mois !

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Prise en charge d'Eléazar à domicile

On échange également en équipe sur les différents enfants que nous avons vus pendant la journée. C'est également le moment des papiers administratifs, du rangement, du ménage, de la comptabilité ... Le travail ne manque pas ! C'est un vrai plaisir de travailler ici, et je retrouve toutes les joies ( et même plus !) que je connais et que j'apprécie tant dans mon métier en France : le sourire d'un enfant, le regard fier d'une maman, et le moindre progrès que l'enfant fait, même si aux yeux du monde il semble insignifiant. J'en apprends un peu plus chaque jour sur la considération du handicap ici, sur les besoins et sur de nouveaux handicaps que l'on ne connaît pas en France (comme les séquelles de la polio par exemple). Et les prénoms de mes petits patients sont, rien qu'à eux seuls, un encouragement : Grâce, Divine, Ange ...